Parlons taf. « Je vais trouver quoi, là-bas ? » « Mon CV vaut quelque chose ? » « Et si je galère ? » — ces questions, je me les suis posées cent fois. J'ai creusé le sujet pendant des heures. Et le verdict : avec mon profil, j'suis pas dans la merde. Faut juste être méthodique.
Le décor : 12 ans de logistique — gestion d'entrepôt, supply chain, coordination d'équipes. Un bagage technique — dev web, scripting, automatisation. Et je parle français, anglais, et de mieux en mieux espagnol.
Deux cordes à mon arc. Pas une. Deux. La logistique pour sécuriser l'arrivée. La tech pour viser plus haut ensuite.
Phase 1 — La logistique : poser le pied, sécuriser le revenu
Valencia, c'est pas juste joli. C'est une machine logistique qui tourne à fond.
Le port : premier de Méditerranée, cinquième d'Europe. La ZAL (Zone d'Activités Logistiques) : 80 hectares dédiés au transport, à dix minutes des quais. Mercadona : le leader espagnol de la grande distrib, siège social ici, 1 600 magasins à alimenter dans tout le pays. T'imagines la supply chain derrière ?
Mon expérience logistique, elle a de la valeur ici. Les employeurs cherchent des gens qui connaissent le métier, qui savent gérer des flux, des stocks, des équipes. 12 ans d'XP, ça parle — même dans une autre langue.
💰 Salaire : 1 700 – 3 000 € net par mois, sur 14 paies — la norme espagnole (12 mois + deux extras en été et à Noël).
Les employeurs dans mon viseur : Mercadona (le mastodonte local), DHL Supply Chain, DB Schenker, FM Logistic (Ribarroja, 20 minutes), ID Logistics, Noatum, MSC, CMA CGM. Toutes ces boîtes recrutent, et régulièrement.
Phase 2 — Le combo logistique + tech : viser plus haut
Une fois qu'un salaire fait tourner la baraque, je peux viser l'évolution. Le marché espagnol se numérise à fond : WMS dans les entrepôts, analyse de données dans les chaînes logistiques, ERP qui se modernisent. Un mec qui connaît le métier de l'intérieur ET qui sait parler aux devs, configurer un outil, scripter des automatisations ? C'est rare. Et ça se paie.
Sinon, la carte full tech : Valencia a une scène qui monte. Voicemod, Sesame HR, Flywire, Mercadona Tech recrutent des profils techniques à 40-50 k€. Avec le télétravail, rien m'empêche de bosser pour Madrid ou Barcelone depuis Valencia.
La carte cachée : le français
Valencia a 5 000 à 7 000 résidents français officiels. Et ça crée des opportunités auxquelles on pense pas :
Les PME de la région qui exportent vers la France — céramique de Castellón, agrumes, vin — cherchent des profils bilingues. Les boîtes françaises implantées ici (Decathlon, Carrefour, Leroy Merlin, Orange, Axa, BNP Paribas) ont besoin de staff qui fait le pont avec le siège.
Et les plans plus niches : prof de français en EOI (École Officielle de Langues), 1 200-1 800 €. Service client bilingue en centre d'appels (Téléperformance, Sitel), 1 200-1 600 €. Commerce international pour une PME locale, 1 800-2 800 €.
Les sites de recherche d'emploi que j'épluche
La liste complète, ouverte dans mes onglets en permanence :
🥇 InfoJobs
infojobs.net — Le boss. Si tu devais n'en garder qu'un, ce serait lui. Secteur logistique archi représenté.
LinkedIn España — linkedin.com. Passe ton profil en bilingue (espagnol + anglais), mets des mots-clés logistiques en castillan, connecte-toi avec les recruteurs de la région.
LABORA — labora.gva.es. Le service public valencien. Obligatoire pour l'inscription demandeur d'emploi. Site moche, offres parfois exclusives.
Randstad España — randstad.es. Très implanté logistique et intérim. Inscris-toi aussi en agence physique.
Indeed España — es.indeed.com. Agrégateur puissant, bon volume. Active les alertes.
Adecco España — adecco.es. Gros intérim et recrutement, logistique au taquet.
Grupo Noa — gruponoa.net. Spécialisé logistique. Peu connu du grand public mais référence dans le milieu.
Page Personnel España — pagepersonnel.es. Cadres et middle management. Pour les postes de responsable d'entrepôt ou coordinateur supply chain.
Tecnoempleo — tecnoempleo.com. Volet tech. Moins de volume, plus ciblé.
Infoempleo — infoempleo.com. Complémentaire, parfois des pépites.
Mon plan d'action, chrono
📋 Avant de partir
CV en espagnol, deux versions : logistique (12 ans, chiffres, résultats) et tech (projets, stack). LinkedIn basculé mode Espagne, alertes activées sur InfoJobs, Indeed, LinkedIn. Contact avec 2-3 agences (Randstad, Adecco, Page Personnel).
📍 J+0 à J+30 — l'installation
Inscription LABORA. Contact agences d'intérim en physique — CV, poignée de main, ça marche encore comme ça ici. Candidatures ciblées logistique + métiers où le français est un atout. Objectif : 1 500 € net minimum en sortie d'arrivée.
🔄 Mois 1 à 3 — la stabilisation
Si la logistique coince, j'élargis : restauration, commerce, service client bilingue. Faire rentrer de l'argent, pas attendre le job parfait. Les candidatures logistiques continuent en parallèle. Le job alimentaire c'est le tremplin.
🚀 Mois 3 à 12 — la progression
Quotidien sécurisé = levier tech activé. Combo logistique + tech (consultant WMS, analyste supply chain, chef de projet ERP) ou full tech si une opportunité solide se présente. Peu de profils cumulent les deux — c'est précisément ce qui rend précieux.
Le petit mot de la fin
Trouver du taf dans un pays où t'as jamais bossé, c'est intimidant. Mais c'est pas un saut dans le vide — c'est un calcul. J'ai un secteur qui recrute, une ville qui en est un hub, une langue bonus et une corde de rappel. C'est pas de l'arrogance : je sais que je trouverai.
Le vrai piège, ce serait d'arriver les mains dans les poches. CV, alertes, réseau LinkedIn, contacts d'agences : tout ça se bosse depuis la France. Alors je m'y mets maintenant.
Et si toi aussi t'es sur le point de sauter le pas, j'espère que cette page t'aide à y voir clair. Bonne chance.